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Accueil ACTUALITES

Voitures électriques : quand une énergie fossile en cache une autre

04/08/2020
dans ACTUALITES, CONSTRUCTION DURABLE
4 minutes de lecture
Voitures électriques : quand une énergie fossile en cache une autre
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Saisissant l’opportunité du marché, les constructeurs automobiles ont désormais à leur catalogue des voitures électriques et hybrides, lesquelles sont censées mettre un terme à la pollution engendrée par les moteurs thermiques. Si le moteur électrique est réputé « vert », les composants entrant dans la conception des batteries, engendrent d’autres pollutions. Sans oublier la charge qui s’effectue le plus souvent avec l’énergie nucléaire et le recyclage inévitable des dites batteries. Verte la voiture électrique ? Pas encore.

Désert d’Atacama, dans le nord du Chili. C’est l’une des plus vieilles zones désertiques au monde, réservoir de sel et d’anciennes météorites dont certaines datent de plusieurs millions d’années. Cette immense zone désertique est aussi très convoitée puisqu’elle détient à elle seule 40% des réserves mondiales de lithium, le principal ingrédient des batteries utilisées par les voitures, les vélos, les trottinettes mais aussi les smartphones et ordinateurs.

Ce n’est pas le seul endroit de la planète, les autres sites d’extraction du lithium se situant dans les déserts de sel de l’Argentine, de la Bolivie, un « triangle d’or » qui concentre 59% des réserves mondiales, en Chine (26%), en Australie (5%) et aux États-Unis (3%) selon les données de la Deutsch Bank. Un autre gisement aurait été découvert l’an dernier, dans le désert de Sonora, dans le nord du Mexique à 170 km de la frontière américano-mexicaine. Ce serait alors le plus grand gisement de lithium au monde, avec 4,5 Mt d’équivalent carbonate de lithium (LCE).

Si pour certains ces zones désertiques sont des zones improductives, alors autant les utiliser, elles développent néanmoins en écosystème nécessaire au fonctionnement de la planète. Le modifier à grande échelle, c’est mettre en danger notre terre au même titre que les forêts dévastées pour produire de l’huile de palme ou les zones humides pour construire. 

D’autant plus que pour extraire le lithium il faut évaporer l’eau en asséchant encore plus des déserts qui, s’ils semblent ne plus avoir de vie en surface, contiennent de l’eau en sous-sol. Depuis l’exploitation des mines chiliennes, le désert d’Atacama a déjà perdu 430 milliards de litres d’eau, selon une enquête  du très sérieux The Guardian. 

« Nous ne ferons que déplacer le problème avec le danger de nous assoir sur notre bonne conscience »  
« L’extraction minière du lithium ne fait que commencer », se réjouit le sous-secrétaire Chilien de l’extraction minière Ricardo Irarrazabal Sanchez. Au grand dam des populations locales et des animaux qui vivent dans ces régions hostiles. Et ça ne va pas s’arranger, car si le sous-sécrétaire chilien affirme « dialoguer avec les populations locales », ces mines sont gérées par des entreprises privées qui reversent, sous forme de taxes, une partie de leurs profits à l’État Chilien. Ces derniers ayant compris qu’ils avaient sous leur pied une véritable mine d’or, au même titre que le pétrole pour les émirats arabes. D’autant que de la voiture aux téléphones mobiles les besoins en lithium vont grandissant et ce n’est pas près de s’arrêter, à moins que l’on découvre d’autres formes de stockage de l’énergie.

Certes les moteurs électriques sont moins polluants que les moteurs thermiques, puisqu’ils n’émettent pas de gaz lorsqu’on les utilise. Mais dans les deux cas ils utilisent une énergie fossile, l’une injectée et brulée dans le moteur, l’autre, le Lithium, entrant dans la conception des batteries qui permettent de le faire tourner. Sans compter que pour le second les mines d’extraction obligent à déplacer les populations locales ou les exploiter, – c’est le cas à Atacama-, modifier les écosystèmes locaux, mais aussi à utiliser d’autres énergies, polluantes comme le nucléaire pour recharger sans oublier le stock de batteries dont il faudra prévoir rapidement le recyclage pour éviter qu’elles terminent leur vie, enfouies dans le sol. 

Devons-nous en conclure que ces technologies vertes ne sont pas si vertueuses qu’on veut bien nous le faire croire et que finalement, il vaut mieux garder notre bonne vieille voiture diesel, celle qui nous a rendu tant de services et dont on peut suivre le panache de fumée ? Certainement pas. La voiture électrique constitue une avancée technologique importante sur le plan environnemental, même si la propreté dont on nous rebat les oreilles est encore loin d’être assurée. 

Reste donc à travailler le sujet en s’abstenant de remplacer une énergie fossile par une autre, en faisant preuve d’éthique dans ce que nous utilisons, nous produisons et consommons. Car, « nous ne ferons que déplacer le problème avec le danger de nous asseoir sur notre bonne conscience » comme l’écrit à juste titre « La Relève et la Peste  », media et maison d’édition indépendant, qui défend des valeurs humanistes, écologistes et antiracistes.

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