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Accueil ACTUALITES ARCHITECTURE

Mail central de Sala Al Jadida, un jardin-citoyen partagé

28/02/2013
dans ARCHITECTURE, CONSTRUCTION DURABLE, IMMOBILIER, PROJETS
5 minutes de lecture
jardin-citoyen de Sala Al jadida

jardin-citoyen de Sala Al jadida

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Initité par la Société d’Aménagement de la Cité Sala Al Jadida sous la direction de Monsieur Mohamed-Karim Jouahri, Président du Directoire, le jardin du mail central, offre aujourd’hui un véritable espace de respiration et de détente au coeur de la Cité Sala Al Jadida. Le parc forme un jardin-citoyen animé par une succession de jardins et de placettes minérales, le tout noyé dans un écrin arboré et coloré. Il crée du lien social et améliore la qualité de vie des habitants. Mounia Bennani, démontre par ce projet, que la réussite d’un espace public tient avant tout de la solidarité et de la volonté des différents acteurs impliqués.

D’une superficie de 4,8 ha, le mail central de Sala Al Jadida forme un véritable morceau de nature inséré au milieu d’un ensemble de logements sociaux très densément peuplé. À travers le projet, la paysagiste Mounia Bennani a voulu mettre en place un espace de respiration, mais aussi un lieu de mixité intergénérationnelle et sociale. « Mon intention, explique Mounia Bennani, a été avant tout de créer un jardin « pour tous », simple et fonctionnel, où l’on déambule à travers une diversité d’ambiances végétales, et non une simple avenue-promenade ». Cette ambition se manifeste par une succession d’espaces thématiques : jardin des bambous, jardin des cactées, placettes minérales avec des jeux de dames aire de pétanque, placettes en stabilisé multi-usages où les enfants peuvent jouer librement.

Des contraintes devenues points forts
Le site présente un dénivelé d’environ 2,50 m sur une emprise totale de 72m de large. Le point de départ de la conception a découlé d’une réelle réflexion sur le terrassement et le traitement des transitions entre les plateformes des futurs îlots bâtis et le jardin central. Ce sont ajoutées des contraintes d’emprise liées à l’étroitesse du terrain (72,40 m pour l’emprise du mail et 47,40 m pour l’emprise du jardin clôturé). Mounia Bennani a su transformer ces impositions en points forts, forgeant ainsi l’identité du jardin. Le dénivelé a permis la création d’un jeu de niveaux, avec mise en place d’une promenade belvédère offrant une vue en hauteur sur l’ensemble du parc.

La transition entre le jardin-citoyen et les bâtiments a été traitée par un système de talus et de promenade-terrasse, espaces tampons destinés à accueillir une promenade piétonne belvédère de 5m de large (en partie haute), une voie de service de 3m de large puis une terrasse cafés de 7m de large dans la continuité des galeries commerciales couvertes (5m). Le principe a été d’intégrer la clôture dans l’aménagement des talus entre le jardin et les terrasses extérieures. Celle-ci a été « camouflée » grâce à son implantation en pied des talus plantés, en retrait par rapport aux circulations piétonnes et des véhicules. Elle donne au jardin sa valeur citoyenne et partagée, repoussant toute idée de cloisonnement et d’exclusion.

Economie & écologie
Pour cause de budget restreint, il fallait créer un jardin, « le plus simple, mais aussi le plus fonctionnel possible ». Grâce à une palette végétale qui exige peu d’entretien et d’arrosage, à un système d’irrigation efficace et peu contraignant, des moyens humains et matériels minimum, le jardin parvient aujourd’hui à être entretenu et géré de façon satisfaisante. La dimension écologique se matérialise également dans la nature des revêtements de sols utilisés. Le jardin public, qui occupe une superficie de 1,6 ha, est constitué à 67 % d’espaces plantés et 33% de surfaces minérales. Le choix des revêtements a été dicté par des contraintes de coût et de maintenance. Les chemins principaux sont en stabilisé, ce qui assure la pénétration des eaux pluviales.

L’utilisation du béton et autre revêtement imperméable a été réduite au maximum. Seuls les placettes (725 m² au total), les bancs et les escaliers sont en béton. Un travail très fin a été réalisé dans le calepinage des trottoirs, placettes minérales et escaliers grâce à une combinaison harmonieuse de béton coulé (béton brossé) et de pavés et dalles béton, conférant ainsi un usage particulier et une identité à chaque espace.

La même intelligence a été respectée dans le choix des végétaux utilisés. Par leurs caractéristiques de taille, couleur, texture et volume, ceux-ci définissent chaque partie du jardin. Chaque placette se distingue par un arbre remarquable : Erythrina crista-galli (repérable à ses fleurs rouges), catalpa (caractéristique par ses grandes feuilles), Schinus molle (singulier par son port retombant). La paysagiste a voulu offrir aux habitants une palette végétale la plus large possible, une manière de sensibiliser le public à la diversité du patrimoine botanique. On trouve ainsi une diversité d’arbres choisis pour leur rusticité et leur couleur de floraison : érythrine (orange), jacaranda (violet), tipuana (jaune), bauhinia (rose) etc.

Le parti-pris végétal a été aussi de privilégier des arbustes que l’on rencontre dans les campagnes ou dans les milieux naturels au Maroc, tels que le genêt blanc (Rtem), le myoporum pour clôturer les placettes, le laurier-rose, ou encore le ciste, etc.

Préserver l’équilibre des cités
Au-delà des aménagements, la réussite du jardin du mail central de Sala Al Jadida repose sur un réel engagement de l’ensemble des acteurs : Maître d’Ouvrage, Maître d’oeuvre (paysagiste, architecte, Bureau d’études), entreprises, commune et société. Aujourd’hui, bien après la fin des travaux, c’est toujours le Maître d’Ouvrage qui continue à assurer l’entretien et la sécurité du jardin, rôle qui incombe normalement à la Commune.

Le rôle des autorités et de la société civile est fondamental pour garantir la survie et la pérennité du jardin à court et surtout à long termes. Un jardin-citoyen est le lieu par excellence où les gestes de respect envers la nature doivent être enseignés, assurer sa pérennité et son développement. Une véritable éducation éco-citoyenne doit être véhiculée entre habitants, visiteurs et autorités locales, afin d’assurer sa pérennité et son développement.

Fondamentalement, à travers le projet de mail central, qui se veut porteur d’un message citoyen, Mounia Bennani a voulu souligner l’importance du traitement de l’espace public et en particulier du végétal dans la ville, véritable patrimoine vivant à préserver pour l’équilibre de nos cités.

Architecte : Mounia Bennani
© Stefano BERCA

lire l’article sur archimedia.ma

Paru dans A+E Architecture et Environnement au Maroc 2013

La rédaction

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