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Contre les ravages du béton, Salima Naji livre un projet en pierres sèches

Salima Naji : pièrres-sèches

Salima Naji livre encore une fois une belle réalisation : le centre culturel des Ait Ouabelli, un projet totalement construit en pierres sèches. Situé dans la province de Tata, considérée comme une oasis verdoyante au Grand Sud Maroc dans la région Souss-Massa, il revisite notre patrimoine architectural.

Cette architecte marocaine a toujours exercé au Maroc en privilégiant les matériaux locaux dans le respect de l’environnement et de la culture des lieux. Sa démarche s’inscrit dans une volonté de collaboration avec les artisans locaux, et met en avant les procédés constructifs ancestraux.
Ce bâtiment passif en pierres sèches, est considéré comme un projet stratégique par son impact culturel et social et rentre dans le cadre d’une initiative nationale pour le développement local. Ces travaux ont nécessité une enveloppe budgétaire de 1.141 MDH.

D’une superficie totale de 320 m², la construction est destinée à accueillir un centre culturel. L’organisation du programme se développe en deux parties : un espace bâti abritant une salle multimédia, une salle polyvalente et d’exposition, des ateliers pour enfants, des bureaux et sanitaires ainsi qu’un espace extérieur accueillant un théâtre de plein air.

L’aspect esthétique extérieur/intérieur du bâtiment répond à des contraintes et préoccupations d’ordres structurelles, fonctionnelles, et thermiques permettant une division ordonnée en matière de volume et d’espace. Cet aspect revêt une forme simple et reconnaissable, qui symbolise le musée et son rayonnement.

Clin d’œil du projet, le bâtiment possède un espace ouvert sur la façade sud-ouest, qui se traduit par le biais d’une galerie bioclimatique, très exposée au soleil. Ce lieu a une double fonction : thermique et de circulation.

Cette utilisation des techniques vernaculaires pour l’architecture contemporaine, permet de proposer un développement soutenable en direction notamment de projets d’utilité sociale, maternités, centres culturels, foyers féminins, écoles etc.

Cette démarche permet d’offrir aux plus démunis un espace public de qualité tout en réduisant l’impact destructeur et envahissant de l’architecture standardisée actuellement généralisée dans le monde rural.

Faire du bioclimatique et réinvestir les traditions vernaculaires dans les constructions écologiques rentrent dans la démarche architecturale qu’emprunte l’architecte Salima Naji. Cela permet de respecter des enjeux culturels et patrimoniaux de notre pays tout en permettant, sur le long-terme, de sauvegarder notre héritage de savoir-faire.

Centre culturel des Ait Ouabelli,  un projet aux confins de l’Anti-Atlas

2776 habitants, Anti-Atlas marocain (Province de Tata)
Surface : 320 m²
Montant des travaux : 1 141 892 dhs (soit 103 100 euros)
Maître d’ouvrage : Programme INDH – Initiative pour le Développement Humain & Ministère de l’Intérieur.

Bâtiment passif en pierre à joints secs. Galerie bioclimatique sur la façade Sud-Est la plus exposée au soleil. Une salle multimédia, une salle polyvalente et d’exposition, des ateliers pour les enfants, bureaux et sanitaires. Un théâtre de plein-air extérieur.

Paru dans CDM Chantiers du Maroc n°162 – Juin 2018

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