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La disruption au menu du 5ème rendez-vous de l’assurance à Casablanca

rendez-vous de l’assurance à Casablanca

Avec plus de 1000 participants représentant une trentaine de nationalités, cette 5ème édition a permis d’ouvrir le débat sur des sujets d’intérêts majeurs. Organisé par la fédération Marocaine des Sociétés d’Assurances et de Réassurance et placé sous Le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le rendez-vous de l’assurance de Casablanca représente une occasion privilégiée pour faire le point sur les thématiques du moment avec des spécialistes venant des quatre coins du monde.

Devenu un rendez-vous incontournable pour les sociétés d’assurances marocaines, leurs réseaux de distribution et leurs partenaires, son programme étoffé propose des tables rondes autour de l’innovation dans l’assurance et de l’usage potentiel des technologies innovantes telles que l’Intelligence artificielle, la Blockchain, l’internet des objets ou le big data pour créer de la valeur et améliorer l’expérience-client.
Parmi les intervenants on o noté Inga BEALE, présidente des Lloyd’s, Toyonari SASAKI, vice-président de l’Association Japonaise des assureurs Vie et Mohamed BENCHAABOUN, président du Groupe Banque Centrale Populaire.
Soutenu par l’APEBI, cet évènement place également les startups marocaines à l’honneur, en mettant à leur disposition des espaces de networking afin d’exposer leurs idées innovantes et créer les partenariats de demain.

L’assurance, un domaine qui suit la tendance et l’innovation
Comme l’a souligné le président de la Fédération Marocaine des Sociétés d’Assurances et de Réassurance, Mohamed Hassan BENSALAH : « l’assurance est au centre de la sécurité des individus et des biens, nous subissons donc directement toutes les évolutions et les transformations que peut connaitre la matière assurable ».
Certains secteurs tel que l’automobile, ou encore la médecine sont clairement ancrés dans cette optique de développement accéléré. Cependant, celle-ci n’est pas à craindre puisqu’elle aide à améliorer le quotidien des usagers.
L’Afrique subsaharienne constitue de ce fait un exemple concret d’une assurance pensée autrement, intégrant la téléphonie mobile et en réelle rupture avec le traditionalisme des modèles précédents. Bien que cette disruption dans l’assurance puisse être perçue comme une menace pour les acteurs classiques du domaine, elle reste néanmoins une opportunité de se réinventer, se transformer et surtout de rester en phase avec les évolutions technologiques et mutations de notre société.

Les insurtech gagnent du terrain sur le marché
L’utilisation des nouvelles technologies pour faire de l’assurance autrement et moins cher, est un choix qui ne fait que conforter l’idée que cette industrie a encore un bel avenir devant elle.
Ainsi, les insurtech ont transformé le marché ; plus d’un tiers des 8000 personnes interrogées à l’échelle mondiale déclarent y avoir recours pour leur contrat d’assurance classique. Et ceux de manière partielle ou totale.
La plus-value de ces dernières : un rapport qualité/prix plus intéressant et des services plus rapides. Il semblerait que le futur de l’assurance résiderait dans un travail en symbiose des deux acteurs. Les insurtech y voient une réduction de leur coût d’acquisition tout en ayant accès à des professionnels de la gestion des risques. Les assureurs y gagnent un moyen de s’adapter aux transformations technologiques de plus en plus rapides.

La révolution digitale au service du progrès
Mohamed BOUSSAÏD, ministre de l’Economie et des Finances a marqué sa présence en tant qu’intervenant à la conférence. Ainsi il y a déclaré : « La première transformation qui vient naturellement à l’esprit est la transformation technologique qui génère des risques en bousculant l’organisation classique des marchés financiers et leur business model mais aussi, et paradoxalement, ouvre de nouvelles opportunités. Finalement, ce n’est pas si paradoxal que cela puisque risques et opportunités vont toujours de pair ».

L’assurance inclusive, ainsi que la couverture contre les risques climatiques et catastrophiques constituent selon lui deux « chantiers » à mener à terme, et ce grâce à la révolution digitale amorcée par le développement des nouvelles technologies. Bien entendu il rappelle que « de tels changements ne sont capables que dans un cadre législatif souple encourageant les initiatives des acteurs mais qui sécurise en même temps les assurés et les épargnants ».

Elargir l’accès à l’assurance dans notre pays tout en faisant face à certains risques
Lors de son discours, le président de l’ACAPS, Hassan BOUBRIK, a lui aussi évoqué les insurtechs, comme incubateurs de nouvelles initiatives et un marché nouveau à saisir, offrant un panel d’opportunités. La disruption dans les marchés des assurances, n’est pas un phénomène homogène, puisqu’il s’adapte au contexte socioéconomique de chaque pays. Ainsi, il ne s’agira pas nécessairement des mêmes ruptures ou enjeux dans les pays et marchés développés et moins développés.
Au Maroc, cette disruption pousse à imaginer une assurance dont l’accès serait plus élargi. Cette idée bien que très optimiste, soulève un certain nombre d’interrogations quant aux défis considérables pour les superviseurs d’assurances :

Comment, demain, un régulateur pourrait assurer une supervision adéquate d’un assureur digital localisé en dehors de sa juridiction ? Comment assurer une protection appropriée des assurés ? Qu’en est-il de la protection des données personnelles (cas de Facebook) ? Qu’en est-il de la concurrence, face à des acteurs qui détiennent l’information à travers d’autres activités ? Ce sont toutes des questions qui se posent de manière importante aux superviseurs d’assurances ».
Il aborde également un second point critique, celui du cyber risque, puisqu’il « pose également des défis considérables aux régulateurs… Au Maroc, la mise en œuvre de la stratégie de lutte contre le cyber-risque est conduite au niveau gouvernemental et où les régulateurs, notamment des assurances, sont responsabilisés pour identifier et mettre en œuvre les moyens de lutte adéquats ».

La rédaction

Paru dans CDM Chantiers du Maroc n°160 – Avril 2018

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