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Patrimoine : l’ENA Marrakech réussit sa 2ème édition ‘’AL MI’MAR’’

al Miamar ENAM Mars2017

L’Ecole Nationale d’Architecture de Marrakech, en partenariat avec la région Marrakech-Safi, et en collaboration avec la direction régionale de la culture Marrakech-Safi et l’union REMPART, ainsi que sous l’égide de la Chaire de l’Unesco – Architecture de Terre, Cultures Constructives et Développement Durable, a organisé en son sein, fin mars 2017, la 2ème édition du programme ‘’Al MI’MAR’’.

Enseigner le patrimoine et les cultures constructives
Pour les organisateurs, il est essentiel d’introduire les savoirs et savoir-faire liés au patrimoine dans les programmes d’éducation, d’enseignement et de formation, notamment, au niveau des écoles d’architecture et d’aménagement. C’est l’un des objectifs principaux que s’est donné la nouvelle école d’architecture de Marrakech. Toute sa pédagogie se construit autour de cette thématique. S’il est évident que la formation des futurs architectes, orientée vers le projet, nécessite l’acquisition de compétences dans un grand nombre de domaines, tant dans les domaines techniques et constructifs que dans les sciences sociales et humaines, sans oublier le nécessaire apprentissage des moyens d’expression et de communication, chacun de ces domaines peut être abordé par le biais patrimonial. Chaque discipline peut, et doit, être abordée de façon transversale, c’est-à-dire en lien avec les autres disciplines, mais surtout être appréhendée dans sa dimension temporelle et évolutive.

Inventaire du patrimoine bâti
Ce programme dédié à la sauvegarde du patrimoine local, qui prévoit la programmation d’interventions dans les tissus du patrimoine bâti de Marrakech, exige des démarches appropriées. Etant donné la fragilité des lieux et des sites historiques, la durabilité des actions projetées dépendra essentiellement de la connaissance et de la maitrise de l’existant. L’intervention sur le patrimoine pourra ainsi répondre à des objectifs de développement économique et social intégrés, soucieux de l’épanouissement de l’Homme et du respect de son environnement.
Cette connaissance approfondie doit être menée à différentes échelles : celles qui tracent avec précision l’histoire, racontent l’état originel des lieux, leur évolution ainsi que les interventions contemporaines. Des actions concrètes correctives et prospectives devraient être entreprises pour ce qui concerne des lieux du patrimoine sensible et menaçant ruine.

C’est notamment le cas des médinas, des ksour et des kasbahs. La gestion de ces sites devrait entrer dans le cadre de projets prioritaires avec des programmes de gestion, d’évaluation, d’impact, de recherches archéologiques et de programmation culturelle.
L’inventaire systématique du patrimoine bâti et paysager apparait ainsi comme l’élément primordial à mettre en œuvre.

Associer le patrimoine Marrakchi au développement durable
Le tissu urbain traditionnel de Marrakech, tout comme celui des médinas marocaines d’une manière générale, est exemplaire de ce point de vue. Sa construction répond presque idéalement aux objectifs de l’écologie et du respect de l’environnement :

1) Matériaux bio ressourcés
2) Techniques de construction et savoir-faire ayant des performances techniques, thermiques, acoustiques et fonctionnelles durables et éco-responsables
3) Formes architecturales et agencements contextuels adaptés à l’environnement
4) Espaces publics et édifices adaptés aux organisations sociales et culturelles

Une approche durable consiste à associer le patrimoine bâti et paysager dans un objectif partagé, celui de préserver un cadre de vie harmonieux et équilibré. Il s’agit d’harmoniser les outils de protection du patrimoine et de l’environnement dans la mise en œuvre des stratégies d’intervention sur l’existant.

Intégrer les technologies de pointe à la gestion du patrimoine
S’intéresser au patrimoine et aux traditions des cultures constructives ne signifie pas avancer à reculons. Il ne s’agit pas de prôner un retour vers le passé, ni de proposer comme seul modèle pour le futur des systèmes de construction et d’organisation spatiale directement puisés dans la tradition. Le monde évolue et l’architecte se doit de rester en permanence à l’affut des mouvements de la société et de l’évolution des besoins. Son métier exige qu’il reste constamment informé des avancées technologiques, toujours à la recherche des solutions les mieux adaptées aux problèmes qui lui sont posés. Son rapport à l’existant, comme socle de ses interventions et de ses projets, a toujours nécessité qu’il maitrise les techniques de relevé, les mises à l’échelle en deux dimensions par plans, coupes, façades ou en trois dimensions par la réalisation de maquettes. Aujourd’hui ces techniques de relevés ont fait des bonds technologiques considérables qui ouvrent pour lui et pour l’enseignement de l’architecture de nouvelles perspectives.

La rédaction

De manière globale, les principaux objectifs du programme ‘’Al MI’MAR’’ sont :

1. Donner l’opportunité à des jeunes marocains et à des partenaires internationaux de travailler ensemble sur un projet culturel réel et concret, permettant ainsi de développer des échanges professionnels riches et permanents,
2. Contribuer à mettre en valeur des ensembles historiques exceptionnels au Maroc,
3. Sensibiliser les participants mais aussi les habitants de la ville à l’importance du patrimoine culturel et architectural qui leur sert de cadre de vie,
4. Echanger des expériences et bonnes pratiques dans le domaine de la restauration du patrimoine et des cultures constructives, et contribuer ainsi au dialogue entre les sociétés civiles marocaine et à l’international,
5. Participer à la réhabilitation de savoir-faire traditionnels et historiques dans le domaine de l’architecture et des cultures constructives locales,
6. Confirmer la vocation de l’ENA Marrakech dans les domaines des architectures durables et du patrimoine.

Contact et informations : info.enamarrakech@gmail.com

 

Paru dans CDM Chantiers du Maroc n°148 – Mars 2017

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