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Journée nationale de l’architecte : Driss Merroun, un absent de marque

Journée nationale de l'architecte

Boudée par les ministres, pourtant prévus dans le programme, la journée nationale de l’architecte du 14 janvier a déçu les architectes venus des quatre coins du Royaume. Une occasion ratée pour faire le point sur les conséquences de la loi 66/12 qui a occulté l’excellent programme culturel concocté par le professeur Mohamed Chaoui.

Le 14 janvier 2017 s’est déroulée, à Rabat, la célébration du 31° anniversaire du discours du historique que feu le Roi Hassan II a tenu en présence du corps des architectes dans son palais de Marrakech.

Cette journée est un événement hautement significatif pour la profession. Sa commémoration a connue, en trois décades, plusieurs soubresauts plus ou moins heureux. D’abord, récupéré par l’intérieur avec à sa tête un Driss Basri omniscient et manipulateur de génie, il a permis de mettre les architectes sous muselière pour donner pleins pouvoirs aux gouverneurs, présidents de communes et autres « prélats » publics devenus un certain temps les gardiens de l’orthodoxie architecturale et urbaine. Elle a aussi connue son heure d’oubli et d’hibernation pendant quelques années pour revenir sur scène au gré du niveau d’amour et des accommodements qu’ont entretenu les différents présidents de l’Ordres National des Architectes qui se sont succédés et les ministres au pouvoir.

« Je t’aime, moi non plus » tel est le leitmotiv de cette relation quasi incestueuse que les représentants des architectes ont fini par entretenir avec leur ministre de tutelle.

Cette année la courbe de l’amour est à son niveau le plus bas puisque les ministres prévus n’on pas daigné se déplacer, notamment Driss Merroun, dont l’institution assure la tutelle de cette corporation. Ce dernier est et restera perçu, par les architectes comme celui qui a donné le coup de grâce fatal à une profession dont la représentation est en dérive depuis une quinzaine d’année. Elle est menée et minée par une représentativité dont la médiocrité n’a d’égal que son avidité de pouvoir au point de se poser la question : être élu au Conseil National est-ce si rentable ?

Cette absence ministérielle fera dire à Said Belahmer, architecte, au détour d’une discussion sur une plate forme d’échanges dans les réseaux sociaux : « un président incapable d‘assurer la présence de son ministre de tutelle pour cette journée : c’est le comble ! ».

Une situation aggravée par le départ des représentants désintéressés des ministères, juste après la pause café, qui fera dire à l’architecte Adane Rifai sur le même réseau social : “ahurissant le spectacle de cette salle cette après midi ! Les architectes, venus de tous les coins du Maroc, et qui attendaient de pied ferme cette rencontre pour parler de la loi 66/12 sont partis déçus de ne pas avoir pu échanger de vive voix avec leur ministre.”

Cette tension et focalisation autour des nouvelles dispositions législatives a fait passer, on peut le regretter, au second plan la conférence élaborée par le professeur Mohamed Chaoui qui avait pour thème : comment la culture peut –elle contribuer au développement durable des villes africaines ? Un thème pertinent qui témoigne selon le professeur « de l’intérêt de la profession…sous le leadership de SM le Roi Mohamed VI, en faveur de questions de développement économique et social dans le continent africain ».

Extrait de la note de cadrage élaborée par le professeur Mohamed Chaoui

…la culture est ce qui constitue l’âme d’une ville et lui permet d’évoluer et de construire un avenir meilleur, assurant la dignité pour tous. Cette réflexion a été au centre du travail de l’ONU-HABITAT III à Quito en 2016 et renforcée par la reconnaissance explicite du rôle de la culture en tant que vecteur du développement humain, et en tant que l’une des conditions essentielles pour atteindre l’objectif de développement urbain durable. Nous devons par conséquent traduire cette réalité en une vision plus claire et en stratégie d’action plus efficace.
Cette thématique réaffirme totalement, tenions-nous à le rappeler, les fondamentaux de la COPP22 sur le climat et renouvelle les engagements pris par le CNOA et ses institutions internationales partenaires pour placer l’humain au cœur des projets architecturaux et urbains.
C’est à ce titre, et compte tenu de l’enjeu que constitue, désormais, la culture pour le développement humain de notre environnement bâti que les villes africaines sont devenues, de nos jours, des laboratoires vivants à examiner pour évaluer la manière dont la culture est appelée à jouer un atout stratégique pour construire des villes plus inclusives, créatives et durables. La créativité et la diversité culturelle constituent des facteurs clés de la réussite de notre environnement bâti où la résilience culturelle des lieux est devenue manifeste. Les activités culturelles peuvent, en effet, jouer un facteur d’adaptation et de lien social pour favoriser l’inclusion sociale et stimuler la vitalité, la qualité de vie et la prospérité de notre cade de vie.

  • Comment humaniser les villes africaines par la culture afin de renforcer leur habitabilité et permettre aux personnes d’établir des liens avec leurs communautés et de modeler leurs environnements ?
  • Comment améliorer la résilience des villes africaines grâce à des solutions fondées sur la culture pour la résolution de problèmes environnementaux et des changements climatiques ?
  • Comment lutter contre la pauvreté et gérer les transitions économiques en valorisant les biens culturels et le potentiel humain des villes africaines ?
  • Comment renforcer les capacités et les mécanismes de gouvernance et de participation pour consolider le rôle et l’impact de la culture sur le développement urbain ?
  • Comment, enfin, promouvoir la créativité et l’innovation dans le développement urbain grâce aux ressources des technologies des énergies renouvelables et des technologies numériques ?

La rédaction 

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