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Interview avec Jaafar TAHIRI, Président AIM BTP

Jaafar TAHIRI

Comment se porte le secteur du matériel de construction actuellement ?
Jaafar Tahiri : L’année 2016 a connu une croissance de 15% par rapport à 2015, pour se situer à environ 700 unités vendues. Malgré l’atonie générale du 1er semestre 2017 due au changement de gouvernement, on prévoit une nouvelle croissance grâce aux projets structurants tels que Tanger Med, Nador West Med, Al Hoceima, LGV, et ceux de l’OCP.

Etes-vous satisfaits de ces résultats ?
J.T : Nous restons très en dessous de nos attentes à cause de l’entrée non réglementée du matériel d’occasion. Comparativement à des pays de même niveau de développement, et tenant compte des investissements opérés dans les infrastructures et le bâtiment, ce niveau d’activité reste très en deçà du potentiel du Maroc, entraînant un impact négatif sur l’emploi, et sur le rendement fiscal du secteur. Le marché Marocain ne fait même pas partie du top 10 des pays Africains, ce qui est considéré par les fabricants mondiaux comme une anomalie. En effet, les multinationales du secteur ne s’intéressent plus à notre marché du fait de sa petite taille. L’Algérie, la Tunisie et la Turquie ayant depuis plusieurs années déjà, interdit ou réglementé l’importation du matériel d’occasion, le Maroc est devenu le principal débouché pour le matériel d’occasion en provenance d’Europe, ce qui fait de notre marché, la «poubelle» de l’Europe.
A titre indicatif, les estimations de volumes de matériels neufs sont de l’ordre :

• Marché Turc : 12.000 unités ;
• Marché Algérien : 5.000 unités ;
• Marché Tunisien : 1.000 unités ;
• Marché Marocain : 700 unités !!!

Si le secteur était organisé et régulé, c’est 1.000 emplois directs et 4.000 indirects qui pourraient être envisagés.

Quel manque à gagner cela représente-t-il ?
J.T : « Pour nos entreprises, la non-régulation du secteur réduit très fortement leurs potentiels de développement, leurs niveaux d’investissements, leurs programmes de formation et leurs plans de recrutements, sans parler des retombées négatives pour l’Etat, en termes de recettes fiscales et douanières plus qu’évidentes, et de perte d’attractivité du Maroc pour les constructeurs internationaux. Dans leur grande majorité, les importateurs de matériels d’occasion sont des entreprises individuelles ou des personnes physiques qui évoluent dans l’informel, n’offrant ni garantie ni service après-vente. En plus des incidences négatives évidentes sur les plans économique, social, fiscal et environnemental, les importations non-régulées de matériels d’occasion engendrent des effets néfastes :

• Risques de transfert illégal de devises ;
• Non disponibilité de pièces de rechange, absence de garantie et problèmes de maintenance ;
• Vétusté du matériel, consommation accrue de carburant ;
• Faible rendement et faible productivité ;
• Manque à gagner pour l’Etat, comme c’était le cas il y a quelques années dans le secteur automobile, avec l’importation non-réglementée des voitures d’occasion ;
• Concurrence déloyale des entreprises étrangères au niveau des appels d’offres publics.

Que représente pour vous INTERMAT ?
J.T : INTERMAT Paris est un des salons de matériels les plus importants du monde : 1 500 Exposants de 40 Pays et 180 000 Visiteurs de 160 Pays. C’est un espace unique d’échanges avec les constructeurs mondiaux, mais aussi avec la concurrence et les clients potentiels, sans parler des découvertes en termes d’innovation et de créativité.

Intermat
Intermat Paris : vue d’interieur

Paru dans CDM Chantiers du Maroc n°156 – Décembre 2017

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