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HESTIM décortique le BIM encore balbutiant au Maroc

HESTIM

HESTIM (Hautes études des sciences et techniques de l’ingénierie et du management), en partenariat avec le groupe Archimedia, a organisé le 9 décembre dernier à Casablanca, une conférence autour du BIM (Building Information Modeling). Constat : quelques réalisations exemplaires mais tout reste à faire dans ce domaine.

Un concept scientifique innovant
Cette conférence scientifique ayant pour thème :
Construire grâce à la maquette, a enregistré la participation d’un bon nombre de professionnels et de spécialistes de la question, notamment : Marouane Zohry, Directeur général de Sika Maroc, Prune Mougeot, Responsable Grands Projets chez Sika France, Soufiane Smaili, Directeur Général Robobat Maroc, Rachid Zentar, responsable de formation Génie Civil de l’IMT Lille Douai, ainsi que Kamal Ben Addou Idrissi, Directeur général de ETAFAT Maroc. De nombreux professionnels du BTP ont assisté à cette conférence qui a été consciencieusement suivie : architectes, ingénieurs, étudiants, journalistes, etc. Dédiée totalement au BIM, elle s’est déroulée par ordre d’interventions qui ont mis en lumière un des aspects de cette technique numérique de conception et de structuration des chantiers du BTP, aussi complexes soient-ils. Dans son intervention intitulée : « L’utilisation du BIM dans le domaine de la construction », Rachid Zentar, responsable de formation Génie Civil de l’IMT Lille Douai, a d’abord mis en relief les diverses définitions scientifiques du BIM, ainsi que son historique. L’enseignant a, ainsi, défini le BIM comme :

• un processus de structuration, de création, de production, d’échange, d’intégration, d’analyse, de gestion, de visualisation et d’exploitation de données ;
• un modèle d’un ouvrage bâti (pouvant tenir dans un fichier numérique, lequel comprend toute l’information technique nécessaire à sa conception, sa construction, les opérations préalables à sa recette (intégration, essais, vérifications, certification), son entretien, ses réparations, d’éventuelles modifications ou agrandissements et sa déconstruction). Le fichier n’est pas qu’un catalogue d’objets positionnés dans l’espace ; il comprend aussi une description des relations entre objets et de leurs propriétés (par exemple : jonctions de murs, type d’ouverture ou de traversée d’un mur ou d’une dalle et ruptures de pont thermique).

Le BIM, explique-t-il « facilite la faisabilité de projets conçus d’un ouvrage. Il s’agit d’un ensemble de processus, visant à orienter la mise en œuvre vers certains procédés et à faciliter la communication, l’échange et la gestion de données autour d’un projet de construction ».
Ensuite, l’universitaire a mis en exergue les divers degrés du BIM : BIM I, BIM II, BIM III, qui se pratiquent suivant le degré de perfectionnement recherché dans la conception d’un projet de construction.

Des premières réalisations au Maroc
Lors de son intervention : « Le concept du BIM : tendances du Marché », Soufiane Smaili, Directeur général de Robobat Maroc, a mis en lumière la situation actuelle de l’utilisation du BIM sur le marché marocain, notamment par les entreprises de construction. Le dirigeant de Robobat Maroc, a notamment souligné le fait « qu’il s’agit d’abord d’une question de culture et ensuite de qualité ». En d’autres termes, pour lui, l’utilisation du BIM par les promoteurs immobiliers, ingénieurs, architectes et autres professionnels, relève de la volonté d’avoir un résultat qualitatif et performant.

Parmi les moments forts de cette conférence, la présentation de cas pratiques d’utilisation du BIM dans certains projets au Maroc réalisés par Sika Maroc. En effet, Prune Mougeot, Responsable Grands Projets Sika France, a démontré à l’assistance les points forts de l’utilisation du BIM lors de la conception et la réalisation de projets de grande envergure au Maroc.

Enfin, pour sa part, Kamal Ben Addou Idrissi, directeur général de ETAFAT Maroc, a présenté le cas du projet pilote ligne tramway T2 à Casablanca, dont la maquette a été conçue grâce au BIM.

Force est de constater que l’usage du BIM n’est pas encore développé au Maroc. Mais ceci est juste une question de temps. Les professionnels marocains, essentiellement les architectes en charge de la conception et qui sont situés au début de la chaine de production, doivent rapidement et impérativement adopter cette technique.

Dans le marché de plus en plus mondialisé du BTP et la concurrence féroce qui y règne, les professionnels marocains doivent être capables de fournir des prestations égales à celles produites par des étrangers sous peine de se voir exclus de certains marchés.

Historique d’un concept
En 1995, quelques entreprises du bâtiment cherchent à rendre possibles et faciles les échanges entre différentes applications utilisées par des corps de métiers différents (architectes, bureaux d’étude, maîtres d’ouvrage, entreprise…). Ce travail aboutira après quelques années aux IFC. L’expression « building information model », en anglais, aurait d’abord été employée aux États-Unis par Charles M. Eastman. L’architecte Phil Bernstein, conseiller chez Autodesk, fut le premier à utiliser le terme BIM pour « building information modelling ». Jerry Laiserin aurait ensuite aidé à populariser et à standardiser le terme, comme nom commun pour la représentation numérique du processus de construction, proposée jusqu’alors par les sociétés Tekla, Bentley Systems, Nemetschek (y compris sa filiale Graphisoft) et Autodesk, pour faciliter les échanges d’informations et interopérabilités au format numérique. En accord avec celui-ci et d’autres, la première mise en œuvre du BIM fut réalisée en 1987 par le logiciel ArchiCAD de la société hongroise Graphisoft, avec son concept avancé du virtual building.

Paru dans CDM Chantiers du Maroc n°158 – Février 2018

 

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