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Interview avec Habib Merabet, Directeur Général DBO Expert Maroc

Habib Merabet Directeur Général DBO Expert Maroc

Habib Merabet : «  Le procédé étant simple et facile à mettre en œuvre, il est, par définition, à la portée de n’importe quelle petite ou micro-entreprise au Maroc ».

Où et dans quelles circonstances le système Advanced Enviro-Septic a-t-il été introduit pour la première fois au Maroc ?
Habib.Merabet : « Le procédé de traitement des eaux usées domestiques Advanced ENVIROSEPTIC, seul procédé 100 % passif et 100% autonome, a été introduit en Afrique pour la première fois au Maroc en 2013, à l’occasion de l’inauguration d’un collège à Kaa Asras, près d’Oued Laou, dans la province de Tétouan. En effet, le collège nécessitait la mise en œuvre d’une station d’épuration autonome afin d’obtenir une autorisation d’ouverture. La station a été mise en œuvre gratuitement pour 160 élèves en 2 semaines courant 2013. Aujourd’hui, le collège compte plus de 900 élèves. La station d’épuration fonctionne sans la moindre intervention de notre part ni celle du client depuis 2013 à ce jour. Nous y avons fait une seule inspection en septembre dernier afin de nettoyer les regards pour enlever les quelques débris et faciliter ainsi l’écoulement des eaux usées vers le système. Mis à part notre intervention, il n’y a eu qu’une seule intervention du client pour nettoyer le regard d’alimentation en entrée du système depuis 2013 à ce jour ».

Quels sont les risques liés à l’utilisation des anciens systèmes de traitement des eaux usées, comparés au système Enviro-Septic ?
H.M : « Les risques liés à l’utilisation des anciens systèmes s’articulent autour de deux volets. Le premier volet qui est simple à comprendre pour le Maroc, mais aussi pour tous les pays du monde est lié à l’exploitation et la maintenance de ces systèmes. Les anciens systèmes nécessitants tous une maintenance continue et couteuse, ne fonctionnent plus au bout de quelques années, voire dans certains cas quelques mois. Le second volet concerne la performance épuratoire des anciens systèmes. En effet, les anciens systèmes n’offrent pas tous des performances de traitement suffisantes. Ce qui veut dire que des eaux usées traitées à des taux de 50 % voire 60 % sont rejetées dans l’environnement. Ce qui présente à termes un risque sanitaire pour notre environnement et donc, pour les générations futures, les quantités étant en constante progression. L’Enviro-septic traite avec des taux de 96 % dès les premiers 6 mois puis au-delà de ces 6 premiers mois offre plus 99 % de performance pendant une durée d’au moins 50 ans. Le tout sans énergie, sans produits chimiques, sans production de boues, sans odeurs, sans bruits et sans maintenance ».

Quelles sont les stratégies employées pour vulgariser l’utilisation de ce système au Maroc ?
H.M : « En premier lieu, afin de convaincre nos interlocuteurs et vulgariser la technique, nous avons installé plusieurs projets au Maroc depuis 2013 : une station à Kaa Srass, deux stations d’épuration à Rabat, la ferme Sedraoui et le Royal club Equestre Dar Essalam, une station au niveau du Douar Tazart près de Taroudant et enfin une station d’épuration au niveau des rejets de la station thermale de Fézouane près de Berkane. Ainsi, la démonstration se fait systématiquement par une visite sur le site et des faits concrets à savoir : visionner l’eau à l’entrée et à la sortie du système et surtout prendre connaissance de l’expérience du client. Le client est le meilleur support publicitaire. En second lieu, une action est entreprise avec les bureaux d’études à l’échelle nationale afin de les sensibiliser sur le procédé et surtout apporter des solutions simples et novatrices à leurs problèmes. Le principal problème étant l’exploitation, donc la gestion de l’énergie et la maintenance, mais aussi et surtout les surfaces occupées et les avantages apportées par cette technique : elle est entièrement enterrée, elle ne produit ni boues ni odeurs. Ce qui ouvre des perspectives sans limites pour les professionnels du secteur ainsi que pour les maîtres d’ouvrage : réduction des coûts d’investissement et d’exploitation, réutilisation des eaux traitées pour l’irrigation et enfin réutilisation de l’espace occupée par le système en terrain de jeu ou espaces verts ou tout autre utilisation ».

Quels sont les freins au développement de cette technologie ?
H.M : « Le procédé Advanced Enviro-Septic fonctionne en deux phases : la première phase consiste à utiliser une simple fosse septique. La seconde phase consiste à faire transiter les eaux usées dans ces fameuses conduites en plastiques enterrées dans un lit de sable. Cette simplicité pose toujours un problème et va à l’encontre de tout ce qui existe dans le monde. Il est d’usage de faire appel à de gros équipements et des moyens importants pour traiter les eaux usées. Dans le cas de l’Enviro-septic, c’est un réservoir plus des conduites en plastiques, le tout est enterré et invisible. Il est logique dans ces conditions de faire face à un grand scepticisme et une méfiance de la part des donneurs d’ordre. Afin de convaincre nous procédons par la preuve effective sur le terrain avec des projets concrets et contrôlés. Autre problématique, le système existe depuis plusieurs années dans les pays les plus avancées dans le domaine du traitement des eaux avec plus de 200 000 projets depuis plus de 30 ans, sans la moindre défaillance et enfin avec toutes les reconnaissances et les agréments issus d’organismes homologateurs indépendants et de services des Etats concernés dans les pays froids et les pays chauds. Mais malheureusement ceci ne permet pas de convaincre les décideurs et donneurs d’ordre ».

Comment voyez-vous l’avenir ?
H.M : « L’avenir est forcément sous l’angle de l’entreprenariat humain, social et solidaire. Comment ? D’une part, le procédé étant simple et facile à mettre en œuvre, il est, par définition, à la portée de n’importe quelle petite ou micro-entreprise au Maroc. D’autre part, le système Advanced Enviro-Septic vient d’obtenir un avis technique en France de la part de la Commission chargée des Avis Technique CCFAT (AT N° DTA17.1 -18.333_V1) et devient ainsi le seul à être admis dans la liste VERTE des Assureurs de France. Ceci implique que le procédé Enviro-septic ne présente plus de risques pour les assureurs. Ce qui veut dire que le risque de défaillance ou de danger est nul ou presque. Dans ces conditions, il est judicieux d’inscrire le développement du procédé dans les zones éparses et rurales sous une démarche sociale et solidaire. Ainsi, l’objectif est double voir triple : régler la question sanitaire avec une innovation tout en faisant participer la jeunesse et les jeunes entrepreneurs locaux. Ce qui crée une dynamique utile et efficace au vu des performances épuratoires durables et gratuites dans le temps, les eaux traitées peuvent être réutilisées pour l’irrigation. Ce qui est la définition même de l’économie circulaire. Par la suite ce modèle peut être aisément exporté en Afrique depuis le Maroc ».

Paru dans CDM Chantiers du Maroc n°169 – Février 2019

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