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Enseignement de l’architecture : l’Etat ne remplit pas ses engagements envers l’EAC

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Les étudiants de l’Ecole d’Architecture de Casablanca (EAC) et sa direction vivent une situation tragique causée par l’incapacité et la volonté du gouvernement de ne pas aller jusqu’au bout de ses responsabilités.
Une vraie fumisterie à laquelle on assiste, puisque l’institution a été créée suite à la volonté de l’Etat de confier l’enseignement de l’architecture au secteur privé. Les lauréats s’insurgent !

Créée en 2004 sur initiative gouvernementale, l’Ecole Supérieure d’Architecture de Casablanca est fondée sur un partenariat public / privé. Elle occupe des locaux, propriété des Domaines de l’Etat, et compte parmi les membres de son Conseil d’Administration le Groupe Al Omrane.

Depuis sa création, elle a conclu de nombreux partenariats avec des établissements d’enseignement de l’architecture en Europe (Paris, Versailles, Marseille, Bordeaux, Séville, Barcelone, Milan) ou au Maroc avec l’Ecole Nationale d’Architecture (ENA) à Rabat.

La filière architecture de l’EAC a été accréditée en 2011 suite au Décret n° 2-09-717, confirmant ainsi la qualité de ses enseignements. L’amendement de l’article 4 modifiant la loi 16.89 a été adopté par le parlement fin 2014, ouvrant la porte à la régularisation du statut des diplômés des écoles d’architecture privées au Maroc et leur permettant ainsi de porter le titre d’architecte. Bien que l’EAC ait répondu à toutes les conditions requises depuis sa création, par le Ministère de l’Enseignement Supérieur, le Ministère de l’Habitat, et l’Ecole Nationale de l’Architecture, l’école et ses sept promotions de diplômés, sont toujours en attente de la reconnaissance de son diplôme, alors que cette même reconnaissance a été accordée à un établissement privé deux années après son ouverture. La procédure d’octroi de l’équivalence de son diplôme tarde à venir.
Les étudiants de l’Ecole Supérieure d’Architecture de Casablanca (EAC), s’insurgent une nouvelle fois contre les tergiversations du Ministère de l’Enseignement Supérieur, et les retards accumulés dans la reconnaissance de leur diplôme.
Pour rappel, l’EAC est une exception :
c’est une création d’Etat sous la tutelle de deux ministères : Ministère de l’Enseignement Supérieur et du Ministère de l’Urbanisme et l’Aménagement du territoire). Sa création a fait l’objet d’un marché public, avec un cahier des charges contraignant, elle occupe des bâtiments de l’Etat, qui ont été mis à sa disposition pour l’enseignement de l’architecture, un organisme public est membre de son Conseil d’administration.
L’évaluation des formations dispensées au sein de l’école a été confiée à des commissions diligentées par les deux ministères et réalisée par l’ENA, dont le directeur a attesté, au vu des rapports annuels successifs, « que les enseignements dispensés à l’école sont conformes aux normes nationales et internationales de l’enseignement de l’architecture».

Deux audits réalisés par l’école d’architecture de Paris La Villette, et l’école d’architecture de La Cambre à Bruxelles, ont attesté la conformité de la formation aux normes nationales et internationales de l’enseignement de l’architecture.
Sur la base de nombreuses évaluations successives du Ministère de l’Enseignement Supérieur, la filière architecture a été accréditée.
De plus, la qualité de la formation est attestée par l’obtention par nos étudiants et diplômés de plusieurs prix dans des concours nationaux et internationaux.
Nous n’avons pas besoin de rappeler le parcours du combattant que nos étudiants ont dû entreprendre depuis des années pour solutionner le problème. Malheureusement, et en dépit du bon sens, rien n’a été fait, ce qui a plongé les étudiants et leurs parents dans un désarroi et une détresse profonds, tant l’avenir, ainsi bouché, paraît incertain.

Les étudiants de l’EAC ont fait un choix courageux et ambitieux d’étudier au sein de leur pays, dans le cadre socioéconomique duquel ils seront amenés à travailler demain, ce dont ils sont fiers. Leurs profils sont largement appréciés tant sur le marché marocain qu’étranger, certain d’entre eux ont même pu joindre des cabinets internationaux d’envergure (Espagne, France, Belgique, Pays-Bas et Italie).
Nous protestons ainsi contre le préjudice moral et matériel subis par plus de 71 lauréats et 250 étudiants privés d’exercer le métier d’architecte et du port du titre d’architecte. Nous protestons également contre l’injustice subie par notre école, accréditée par le Ministère de l’enseignement Supérieur et reconnue au niveau international. Cette école remplit ses engagements, tant au niveau matériel que pédagogique par le recrutement de professeurs de haut niveau. Notre crime aujourd’hui est d’être le fruit d’une passion pour l’architecture et d’avoir humblement l’ambition de porter haut et fort le flambeau de la création architecturale dans notre pays grâce au savoir que nous ont transmis des professeurs engagés et compétents, pour nous permettre de porter dignement l’étendard de notre école.
Au regard des faits cités précédemment, les étudiants et lauréats de l’Ecole Supérieure d’Architecture de Casablanca entament un nouveau mouvement de protestation dans le but de revendiquer :
La reconnaissance officielle de notre diplôme et le droit de port du titre d’architecte pour l’ensemble des lauréats de l’EAC depuis 2004.

Source : Association des Lauréats et Etudiants de l’Ecole Supérieure d’Architecture de Casablanca – ALEEAC

Mohcine Sadiq – Secrétaire général
mohcinesadiq9@gmail.com

Paru dans CDM Chantiers du Maroc n°148 – Mars 2017

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