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Confort et habitat : l’adaptabilité des logements au menu de la 13° édition

l’adaptabilité des logements dans le confort

Comme chaque mois de juin, le groupe Archimedia a organisé son séminaire dédié aux nouvelles exigences de confort dans l’habitat. La 13ème édition qui s’est déroulée le samedi 30 juin à l’hôtel Sheraton de Casablanca, a port sur la question cruciale de l’adaptabilité des logements. Comme toujours, le succès était au rendez-vous avec une forte présence des architectes et architectes d’intérieur.

Sans aucun doute, penser au bien-être aujourd’hui, revient à questionner en premier lieu la qualité et le confort dans les constructions, et spécialement dans l’habitat, le lieu où, au fur et à mesure que nous vieillissons, nous avons tendance à passer le plus de temps.
Le parc de logement au Maroc est en plein essor. Pourtant, la production de ces nouveaux logements s’avère de plus en plus inadaptée à l’évolution de la demande et aux critères recherchés.

En effet, le Maroc pays jeune va connaitre une inversion de sa pyramide des âges. Dans 30 ans les personnes âgées formeront 25% de sa population, il connaitra le sort démographique des pays européens. De plus ces personnes seront âgées en moyenne de 80 ans au lieu de 70 ans actuellement ! La plupart, des millions de personnes, seront partiellement sinon totalement handicapés. Dès lors a-t-on pensé si les logements construits actuellement seront adaptés à leur confort ? Ou sur la manière d’adapter le logement dans le futur ?

Un haut responsable du ministère de l’Habitat invité à joindre le séminaire s’est exprimé, à ce sujet dans ces termes « Au Ministère nous nous ne sommes pas encore posé cette question. En l’abordant, vous nous donnez des préoccupations supplémentaires ! ». Bien entendu c’est la politique de la chaise vide qui a prévalu.

Tel est le contexte dans lequel s’est inscrite cette passionnante 13ème édition. Rachid Boufous, architecte et membre du Conseil national de l’ordre des architectes, a souligné que « A la vulnérabilité liée à la vieillesse peuvent s’ajouter les effets liés aux conditions de logement, lorsqu’ils ne répondent pas aux besoins spécifiques et aux exigences d’une vie décente, ce qui peut provoquer une rapide détérioration de la santé de ces personnes », ajoutant que « …la qualité du logement et l’existence de l’espace, des commodités et des équipements peuvent rendre la vie d’une personne âgée plus agréable. Si ces facteurs, jugés essentiels voire indispensables, ne sont pas réunis, cela ne fera que compliquer davantage l’existence de la personne âgée ».

Par ailleurs, kanza Ben Cherif, architecte d’intérieur et créatrice de studio Identity Design, a précisé que c’est le rôle des architectes d’intérieurs dans la conception et l’adaptation des espaces selon les besoins spécifiques des Personnes à Mobilité Réduite (PMR) et les personnes âgées, en ajoutant que « cela revient à nous,en tant qu’architectes d’intérieur, e tenir compte des besoins en matière d’espaces et d’adaptations, de faire attention aux petits détails de l’agencement de ces espaces, tels l’accessibilité au niveau des portes d’entrées, de faire aussi attention à la variance des hauteurs des marches, et à songer à l’aménagement par exemple des douches italiennes dans les salles de bain, et autres… ».

Jean-Christophe Vanderhaegen, directeur général de la Confédération belge de la construction et qui s’intéresse depuis longtemps à la problématique du logement pour les personnes âgées, à traité la notion du design universel ou autrement dit « le design for all », en précisant que « ce concept est une philosophie qui se base sur les différences individuelles. Il implique la réalisation d’un environnement, d’un bâti, de produits et de services accessibles et utilisables par le plus grand nombre possible de personnes ».

De son côté Kirsti Pesola, architecte et ex-directrice du centre de l’association finlandaise de personnes handicapées physiques, spécialiste en accessibilité, a montré des exemples qui démontrent que si les besoins sont les mêmes partout dans le monde, les solutions également. Elle a souligné « que Le design universel c’est pour tout le monde. C’est universel. Tout le monde peut en profiter bien que pour les PMR, c’est une question de nécessité. L’accessibilité est une chose qu’on ne remarque que quand elle nous manque. Le designer doit penser à concevoir les éléments universels valables à la fois pour les jeunes et vieilles personnes ».

D’autres interventions liés à des produits ont été présentées lors de la journée, toutes aussi intéressantes les unes que les autres, par leurs approches distinctives et porteuses de valeur ajoutée. A l’issue du séminaire, les participants et exposants ont exprimé leur entière satisfaction et l’utilité de ce modèle de colloque pour le développement futur des enjeux du confort dans les bâtiments.

Rachid BOUFOUS, Architecte
Vice président CNOA

« Il y a lieu de légiférer sérieusement afin de régler ces problématiques liées aux personnes âgées afin de leur permettre  de jouir du confort nécessaire dont ils ont droit en tant que citoyens normaux… »

Rachid Boufous : A la vulnérabilité liée à la vieillesse peuvent s’ajouter les effets liés aux conditions de logement, lorsqu’ils ne répondent pas aux besoins spécifiques et aux exigences d’une vie décente, ce qui peut provoquer une rapide détérioration de la santé de ces personnes.
La qualité du logement et l’existence  d’espaces de qualité, des commodités et des équipements peuvent rendre la vie d’une personne âgée plus agréable. Si ces facteurs, jugés essentiels voire indispensable, ne sont pas réunis, cela ne fera que compliquer davantage l’existence de la personne âgée, souvent obligée d’y passer une bonne partie de sa vie.
Au Maroc, la quasi-majorité des personnes âgées résident dans les logements ordinaires et bénéficient donc des mêmes conditions de vie que les autres catégories de la population, alors que leurs besoins sont relativement différents.
En effet, en raison de leur âge, elles sont plus exigeantes dans la mesure où elles doivent disposer d’un environnement qui réponde à leurs exigences en matière de déplacement, confort, de sécurité et de quiétude.
Pourtant, la présence ou l’absence de certains éléments de confort dans le logement (comme l’eau courante ou l’électricité) peut faciliter ou compliquer la vie, notamment lorsque l’âge impose ses servitudes.
Les éléments de confort du logement occupé  sont la cuisine, les WC, les toilettes ou salles d’eau, l’eau courante, l’électricité…
Les carences en matière d’équipements ont de toute évidence, des conséquences néfastes sur les conditions de vie des personnes âgées, en particulier sur leur hygiène et leur santé…
Dans les immeubles l’accessibilité devient de plus en plus évidente. Jusqu’à présent les immeubles jusqu’à R+4 sont dépourvus d’ascenseurs car les règlements de voirie ne les imposent qu’à partir d’un cinquième niveau.
En définitive et pour conclure : il y a lieu de légiférer sérieusement afin de régler ces problématiques liées aux personnes âgées afin de leur permettre  de jouir du confort nécessaire dont ils ont droit en tant que citoyens normaux…

Kanza Ben CHerif
Architecte d’intérieur

« Ces détails ne vont pas engendrer un coût financier supplémentaire à la réalisation du bâtiment, tout au contraire cela va permettre à ces bâtiments d’être plus pérennes dans le temps »

Kanza Ben Cherif : Depuis des années, le confort dans le logement  est devenu une question de santé publique.
Par ailleurs, concevoir et adapter des logements aux normes respectant les personnes à mobilité réduite ou les personnes âgées, n’est pas chose aisée.
Ce sont des petits détails, qui paraissent simples à prévoir mais d’une nécessité primordiale. Ils sont à prévoir en premier temps par les promoteurs immobiliers, les architectes, et les architectes d’intérieur…Ces derniers doivent d’abord avoir une volonté de penser le futur avant de répondre aux besoins présents en termes de confort et de fonctionnalité, et de mettre en avant les paramètres nécessaires à
l’évolution positive de l’offre, pour pouvoir améliorer de plus en plus le confort aux utilisateurs de ces bâtiments.
C’est à nous, en tant qu’architectes d’intérieur, de tenir compte des besoins en matière d’espace et d’adaptation, de faire attention aux multiples détails d’agencement intérieur, tels l’accessibilité au niveau des portes d’entrées, de faire aussi attention à la variance des hauteurs des marches, et à songer à aménager par exemple des douches italiennes dans les salles de bain etc.
Tous ces détails ne vont pas engendrer un coût financier supplémentaire à la réalisation du bâtiment, tout au contraire cela va permettre à ces bâtiments d’être plus pérennes dans le temps.
Pour conclure, j’invite les différents acteurs dans l’acte de bâtir de penser en amont les bâtiments pour le futur.

Paru dans CDM Chantiers du Maroc n°164 – Août/Septembre 2018

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