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Bien être et confort exigent une acoustique maitrisée

confort dans l'habitat par archimedia

Intervention de Bart Ingelaere, Expert en acoustique – directeur général adjoint du Centre Scientifique et Technique de la Construction Bruxelles

« SANTE et protection ACOUSTIQUE ou la nécessité d’une bonne isolation acoustique »

« Au cours de l’évolution vers l’actuel Homo Sapiens, le bruit a toujours été perçu comme un danger, les fonctions corporelles préparant une évasion immédiate ou une bagarre générant un stress maximal, une augmentation de la production d’adrénaline, une accélération du rythme cardiaque, une augmentation de la pression artérielle, etc. Ces réactions du corps au bruit sont plutôt mauvaises pour notre système cardiovasculaire. Bien que nous puissions nous habituer et relativiser les effets du bruit en tant que tel (et ses réactions corporelles consécutives) en étant éveillé, la nuit, lorsque le cerveau humain est actif de manière différente, cette habitude ne se produit pas et même pendant le sommeil, des réactions corporelles négatives peuvent se produire.

Le bruit peut également engendrer des troubles d’apprentissage chez les enfants, la privation de sommeil et un stress psychologique aux conséquences néfastes pour l’équilibre psychologique. Un bruit extrême peut sérieusement endommager les capacités auditives et même générer des acouphènes (un sifflement continu dans l’oreille pour le reste de la vie). Un rapport détaillé de l’OMS (Organisation mondiale de la santé) énumère ces menaces de manière plus détaillées.

Les autorités doivent donc protéger leurs citoyens contre le bruit via la législation du travail, celle sur les niveaux sonores maximaux des différents équipements, etc. Les autorités devraient également organiser une législation / normalisation pour les constructions conduisant à des conditions acoustiques au moins acceptables (écoles, lieux de travail, logements, hôpitaux, hôtels…).

Les autorités devraient, en particulier, établir des règles de construction qui protègent les habitants contre le bruit des voisins, le bruit des installations techniques, la circulation des voitures et les autres bruits dus à l’environnement. Lorsque nous parlons de protection acoustique, nous entendons la protection contre le bruit provenant de l’extérieur du logement, ce qui peut entraîner les problèmes de santé cités ci-dessus. Le confort acoustique est la possibilité de produire un peu plus de son tout en sachant que la meilleure isolation acoustique de la construction atténuera suffisamment la transmission du son vers les voisins et permettra de placer le téléviseur un peu plus fort, de jouer d’un instrument niveaux sonores plus élevés chez soi.

Une législation / normalisation acoustique est également nécessaire pour protéger les habitants contre les futures «évolutions sonores» chez les voisins et les nouvelles méthodes de construction susceptibles d’aggraver la protection acoustique.

Toute « membrane » vibrante (haut-parleur, cordes vocales humaines, mur vibrant,…) génère des pressions insuffisantes et excessives (par rapport au présage aérien moyen) qui se propagent dans l’air («séisme aérien») et peuvent faire vibrer nos tympans. Dans certaines conditions (fréquence des ondes successives de sur et sous pression, amplitude,…), cela sera perçu comme un son. Les sons purs audibles (sinus) avec une fréquence plus basse font vibrer nos tympans « plus lentement » et cela sera perçu comme un son plus faible. Les êtres humains entendent moins bien dans les basses fréquences.

La propagation des ondes sonores dans l’air est plutôt lente (environ 340 m / s à 20 ° C contre environ 300 000 000 m / s pour la vitesse de la lumière) et cela a des conséquences majeures sur l’acoustique des locaux et des bâtiments. La faible vitesse des ondes sonores, associée à des surfaces murales bien réfléchissantes, peut entraîner des temps de réverbération élevés (c’est-à-dire le temps nécessaire pour que le son diminue de 60 dB, lorsque la source sonore s’arrête brusquement). Cela peut être positif ou négatif pour certaines musiques dans des espaces architecturaux (salles de concert), mais dans de nombreux cas, des temps de réverbération plus longs peuvent entraîner des niveaux sonores plus élevés (accumulation de sons reflété antérieurement et récemment émis) ou un masquage de la parole (restes de sons antérieurs) dans l’espace et les masques de discours). Dans l’acoustique des bâtiments, lorsque la pièce de réception n’est pas encore meublée, le son sera bien reflété par les murs nus, ce qui allongera la durée de réverbération et, par conséquent, les niveaux sonores seront plus élevés que dans les conditions de vie normales d’un espace aménagé normalement (ce qui permettra une absorption acoustique plus rapide). Nous devons en tenir compte lors de l’évaluation de l’isolation acoustique. L’évaluation de l’isolation acoustique (IS) doit être effectuée conformément à la norme EN ISO 16283, partie 1 (SI aéroporté entre espaces), à la partie 2 (isolation phonique entre les espaces) et à la partie 3 (isolation acoustique des façades).

Pour pouvoir mesurer le SI aéroporté, il faut une source sonore spéciale qui émet suffisamment d’énergie dans une gamme de fréquences spécifiée. L’isolation au bruit aérien DnT représente alors une réverbération corrigée (normalisée comme une pièce moyenne meublée), une différence de niveau sonore (d’où le «D») entre deux espaces (la salle d’émission et de réception). C’est un spectre SI avec une valeur résultante pour chaque bande de fréquences (16 bandes d’octave tiers comprises entre 100 Hz et 3150 Hz). Les informations spectrales donnent bien sûr une image précise du SI, mais il n’est pas très pratique d’utiliser les exigences spectrales. Une procédure de pondération (EN ISO 717, parties 1 et 2) permet de combiner ces informations spectrales en une seule valeur pondérée (exprimée par le sous-index «w») qui peut être plus facilement soumise à une seule exigence.

Pour le SI aéroporté, il s’agit de la valeur DnT, w. Dans certaines conditions, une pondération supplémentaire (pondération A) prend en compte la perception humaine (moins sensible aux sons de basse fréquence) et est représentée par la valeur de notation unique DA. Une valeur plus élevée pour DnT, w ou DA représente un meilleur SI.

Pour mesurer l’impact SI, il faut utiliser une machine à impact standardisée. Seul le niveau de réception corrigé de la réverbération est mesuré. Il en résulte un spectre de niveau de bruit d’impact qui peut être réduit de manière similaire à une valeur pondérée L’nT, w.

La mesure de l’isolation phonique au choc n’est donc PAS une différence de niveau, mais bien un niveau sonore qui en résulte… En tant que tel, l’indicateur le plus élevé w, w indique un impact SI PIRE!

Les exigences acoustiques traditionnelles incluent également des exigences minimales en matière de SI de façade et des limitations au son émis par les installations techniques. Certaines législations / normes en Europe imposent également une absorption minimale dans les zones communes des habitations multifamiliales afin de réduire le bruit dans les couloirs et cages d’escalier ».

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